Appui à la scolarisation de femmes en électronique et en électricité à Bukavu (RDC)

À Bukavu, dans le Sud-Kivu, région rurale isolée à l’est de la République Démocratique du Congo, des infirmières ont créé une association, AFIA-FEV (Association des femmes infirmières pour aider les femmes et les enfants violés et vivant avec le VIH/sida), pour seconder des personnes directement affectées par les conflits permanents sévissant depuis des années dans cette zone frontalière du Rwanda et riche en ressources minières. Le travail d’AFIA-FEV est relayé en France par l’association FemAid, par l’intermédiaire de laquelle Samata a déjà soutenu des actions en RDC.

Défavorisées par les coutumes, les filles sont marginalisées face au choix de la scolarisation au profit des jeunes garçons. Doublement rejetées par la société après avoir été victimes de viols (à la suite de quoi elles sont, de plus, souvent porteuses du VIH), les femmes deviennent des proies faciles pour toutes les formes d’exploitation sexuelle.

Or, dans cette zone dévastée du Congo oriental où tout est à reconstruire, les énergies renouvelables offrent de prometteuses perspectives de développement des infrastructures dans les petites communautés villageoises. Permettre aujourd’hui à des femmes de mener des études techniques dans ce domaine, c’est à la fois contribuer, à terme, à l’amélioration des conditions de vie dans ces communes rurales, mais aussi ouvrir une brèche dans l’ostracisme dont souffrent les personnes violées : grâce aux compétences acquises dans le cadre de leur formation professionnelle, elles disposeront d’un moyen concret pour parvenir à se réinsérer dans leur société d’origine.

Le projet élaboré par AFIA-FEV auprès de personnes déjà connues et suivies par l’association vise à scolariser en électronique et en électricité une vingtaine de femmes pendant quatre ans (durée d’un cycle complet de formation). Les dépenses liées à la scolarité s’élèvent à environ 450 € par étudiante et par an, tous frais inclus.

Samata a souhaité prendre en charge la scolarisation de cinq femmes dans le cadre de ce projet, qui ne peut pas attendre : la demande en énergies renouvelables va être exponentielle au Kivu dans les années à venir, une fois relâchées les tensions actuelles. Il s’agit là d’une occasion unique et exemplaire de réinsertion sociale – associée à un réel développement économique local  – à ne pas laisser passer pour les femmes victimes des conflits dans la zone.

Un engagement ferme a été contracté sur un cycle complet de quatre ans (2013-2016), à raison de 1 800 € par bourse (versements de 450 € échelonnés sur quatre exercices). La dernière contribution correspondant à ce cycle a été versée au mois de septembre 2016.

Compte tenu de la qualité du travail efectué par AFIA-FEV et des informations transmises par FemAid, le fonds soutient à nouveau, pour une durée de quatre ans, la scolarisation de jeunes filles à Bukavu (RDC). Sur une base de 500 euros par bourse/année (compte tenu de la parité approximative de change entre euro et dollar US), le fonds Samata s’est engagé pour six bourses sur ce nouveau cycle de quatre ans (2017-2020), soit 3 000 euros en tout par année.